Non, la violence n'est pas inéluctable ni intégrable

Mai 2000

Incontestablement l'école, la rue et la famille sont des univers poreux. Comment peut-on un instant imaginer une école, dans sa bulle, protégée de toutes influences sociales. Elle entend prendre une distance de la vie, mais dans les têtes de chacun des élèves comme des enfants on retrouve  rapidement les sentiments, les révoltes, les amours, les enjeux du quotidien. N'oublions pas que l'essentiel de la vie de l'enfant est extérieur à l'école.

En d'autres termes, comment l'école aurait elle pu échapper à la montée de certains actes de violence verbale ou physique?  La question est autre : comment juguler cette violence voire prévenir sa cristallisation, sinon éviter de l'exacerber ?

On réunit un maximum de chances de tenir ces objectifs si face à cette violence dont certains enfants ou dont des circonstances sont porteuses on met de l'humanité. Il faut des hommes et des femmes capables de nouer le dialogue avec les élèves, ce qui ne signifie pas angélisme ou démagogie. On comence à mesure l'impact du programme « aides-éducateurs » au sen de l'education nationale où tout simplement on a injecté plusieurs dizaines de milliers de jeunes gens et de jeunes filles capables de nouer un dialogue avec les élèves sous tous les prétextes possibles.

Il faut aussi savoir poser des limites et s'affronter si besoin est. Démissionner ne conduit qu'à repousser la frontière de l'interdit et débouche généralement sur des faits encore plus graves que ceux dont on était initialement menacé. Non il faut nouer le dialogue.  Nouer ce dialogue est un acte de respect de l'autre. Ce peut être exigeant, mais indispensable pour aborder ce qui fait mal et tenter d'y apporter une réponse.

Dans l'école comme dans d'autres structures sociales, on pense ainsi aux transports en commun ou certains lieux publics,  notre société dans sa dernière période a économisé en automatisant et en déshumanisant la vie courante. Oui, il faut donc réintroduire des « pions » et pas seulement des policiers, des infirmières et des assistantes sociales et en cela répondre à la demande formulée par les jeunes (conf. le vote du Parlement des enfants de 1998).

Il faut aussi faut utiliser tous les mécanismes de dialogue existants dans l'univers scolaire (on pense au décret du 18 février 1991 sur les libertés et obligations des élèves du secondaire) et surtout développer une attitude de dialogue et d'ouverture.

Soyons lucides. Trop de jeunes sont inquiets  sur leur devenir plus aujourd'hui encore que par le passé. Qui plus est ils sont moins protégés par la famille. Très tôt ils sont en révoltes et ne comprennent plus nos règles du jeu. Ils sont violents;  parfois ils font peur; d'autant plus peur qu'on ne les comprend pas.

Question : pourquoi à population égale, certains établissements ne connaissent quasiment pas d'accès de violence quand d'autres en débordent ? L'ambiance que font régner les adultes y est pour beaucoup.

Il n'est pas toujours besoin de policiers et de juges, mais de règles du jeu claires et reconnues donc parlées.


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