"Cheval pour Tous" a défrayé la chronique pendant quelques années. On contestait les méthodes coercitives de son directeur accusé de mener rudement - trop durement - les jeunes délinquants confiés par les juges et les services sociaux. François Supéri, créateur et dirigeant emblématique de l'institution répondait qu'il fallait savoir opposer une résistance à des jeunes privés de toute autorité, notamment parentale !
Nombre critiquaient aussi que l'on laisse des non-professionnels prendre en charge des jeunes aussi difficiles.
La médiatisation de "Cheval pour Tous", présenté comme modèle, ne contribuait pas au débat.Pourtant l'association jouait l'ouvertture en permanence.
Force est de constater quà la même époque la PJJ et les établissements classiques habilités étaient en peine pour proposer.
Peu étaient au courant de ce que le lieu de vie trop vite monté en institution était en trainde se transformer en institution avec un conseil d'administratuion "musclé", une gestion plsu rigoureuse, un projet pédagogique, un budget. Tout simplement F. Supéri avait admis l'idée de recruter certains professionnels pour s'attaquer à ses faiblesses : inscrire socialement et professionnellement ces jeunes une fois contenus leurs débordements ( au bout de quelques semaines ou quelques mois) ne roulaient plus à 150 à l'heure avec un moteur de 2 CV !
C'est dans la période où cette institutionnalisation se concrétisait, qu'on avait dépassé les questions de violence, où au plan national l'idée d'une contrainte éducative se cncrétisait dans les propres programmes de la PJJ, qu'éclata le "scandale"' de la pédophilie du directeur. La surprise fut grande - et le mot est faible -et les dénégations réelles avant que F. Supéri admette la réalité de certaines relations inadmissibles avec des jeunes. Il devait être condamné et il l'a été sévérement. Aucune ambiguité ne peut régner ici. Entre-temps l'homme a engagé une profonde évolution personnelle. Une nouvelle étape d'une vie déjà chaotique !
Reste une vraie question comment certains jeunes ont-ils pu cacher si longtemps ce qu'ils vivaient aux juges et aux travailleurs sociaux qui les rencontraient régulièrement sur place et à l'extérieur ?
Reste un constat : l'administration a fait une nouvelle fois preuve de ses propres limites, évitant difficilement les grands écarts.
JP Rosenczveig, 25 mai 2003
A lire : "Educateur de l'extrème" : un vosgien (encore) qui emmène des delinquants au pole Nord et pratique le cercle ... en 2005 !!!! |