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Même si la situation reste délicate sinon dure pour nombre d'enfants et jeunes privés de passé et d'avenir, nous avons trouvé quelques satisfactions en 1997. L'arrivée d'une nouvelle équipe abordant autrement les dossiers en cours n'y est pas pour rien. Cependant on doit conserver sens critique et vigilance. Tout simplement nombre de pistes que nous avancions ici pour adapter le droit de l'enfance et le droit de la famille et veiller à leur mise en oeuvre n'ont pas encore été suivies. Cela ne doit pas nous priver de relever le positif. |
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On a été sensible aux efforts pour faire cesser le scandale du non-accès aux cantines scolaires; on a apprécié le renforcement des effectifs de la santé scolaire et du service social scolaire en souhaitant que les postes déjà vacants soient comblés et que l'effort soit maintenu à la hauteur du déficit enregistré. On a apprécié que de jeunes adultes investissent l'école pour être des interlocuteurs des élèves. On applaudit à la réintroduction de l'éducation civique à tous les niveaux scolaires, y compris aux examens, mais on attend que les mécanismes réglementaires de dialogue dans l'institution scolaire fonctionnent mieux. On apprécierait un bilan (positif) de l'application des circulaires de 1991 sur les droits et obligations des élèves. On reste frustrés sur l'absence de campagne de sensibilisation aux élections des parents d'élèves. |
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On a apprécié en 1997 de voir l'enfance maltraitée grande cause nationale. On a mal vécu que cette dynamique soit relayée du bout des lèvres pour avoir été mise en oeuvre par le gouvernement précédent. On s'est réjoui que le projet de loi Toubon soit repris et amélioré par le ministère Guigou et on attend son vote définitif. On s'est félicité qu'enfin un tribunal (Draguignan) condamne, qui plus est sévèrement, des touristes sexuels français. On a été choqué de la frilosité du gouvernement français face à la réunion (à Paris) de la première session du Tribunal international des droits des enfants sur l'exploitation sexuelle! On a salué la chute du tabou des violences institutionnelles, notamment scolaires. Il faut maintenant garder la tête froide. Tous les enseignants ne sont pas des pédophiles; la sécurité est assurée dans les établissements scolaires ! On a apprécié dans la loi Guigou le souci de faciliter aux enfants de l'immigration l'accès à la nationalité française tout en observant que la France n'ose pas ici ce que les USA font avec le pur droit au sol. On apprécie aussi la volonté de veiller à la non- séparation des parents et des enfants. On s'est réjoui de l'audace plus que jamais affirmée du Conseil d'Etat sur l'applicabilité directe de la convention de New York quand la Cour de Cassation tarde à concrétiser l'évolution attendue en France comme à l'étranger. |
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On s'est réjoui de voir plusieurs ministres revendiquer d'être le ministre des droits de l'enfant. On était en manque ! Mais au final entre Mme Royale, Mme Buffet et M. Kouchner par délégation de Mme Aubry, on frise le trop-plein sectoriel. On a apprécié l'annonce le 20 novembre d'un Médiateur pour l'enfance pour répondre aux obligations européennes de la France. On en souhaite une concrétisation rapide avec le souci de recréer du lien social, et d'abord de la reconnaissance : pas de médiation si les deux pôles à réunir ne sont pas reconnus dans l'absolu et l'un par l'autre ! On a apprécié l'engouement pour la 2° Journée des Droits de l'enfant; on souhaite qu'elle reste un temps fort du dialogue entre les pouvoirs publics et les associations. |
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Restent trois rendez-vous essentiels. On a regretté le discours sur la sécurité tenu à Villepinte quand il focalise sur les mineurs et hypocritement appelle à la réouverture des maisons closes pour mineurs qu'on s'interdit d'appeler maisons de correction. Ce discours est limité même si d'évidence il faut réagir contre la toute puissance dans laquelle s'inscrivent certains très jeunes enfants du fait de la démission de leur environnement, pas seulement familial. Un dur combat se prépare pour 1998 visant à muscler le dispositif anti-délinquance juvénile. Il est clair que l'on va vers des réponses de contention qui ont leur limites tant pour les individus que pour l'ordre public à moyen terme. Le clivage, là encore, n'est pas droite-gauche, mais entre les tenants de réponses comportementalistes et ceux qui s'attachent au cause dans le respect des personnes. On ne peut pas nier le besoin et la légitimité d'une répression à condition qu'elle soit claire. La prison doit y tenir sa place, ni plus ni moins mais la prison propre n'existe pas. Une chose est certaine : l'éducation et la privation de liberté ne font pas bon ménage. On a besoin de réponses éducatives réelles - on a mesuré l'intérêt et les limites des UEER- et là encore il faudrait lever des hypocrisies. |
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Le deuxième combat de 1998 sera certainement contre les pédophiles qui cherchent à reprendre des couleurs après les coups reçus ces derniers mois. Les homosexuels qui les soutiennent ont peur de voir remis en cause leur statut. Ils servent de hérauts aux pédophiles. Plus que jamais, il faudra rappeler les lois de la République : les enfants (moins de 15 ans) ont droit à l'amour, pas à ce que des adultes le leur fassent. N'en déplaise à ceux qui nous accusent d'être des pédo-frustrés et les enfants d'être les séducteurs, la différence entre l'enfant et l'adulte responsable est bien que le second doit savoir refréner ses envies. A défaut il en rendra compte devant les juridictions. Et il aura du mal à nous culpabiliser, qu'il nous traite d'idiot ou de fasciste, qu'il soit écrivain, journaliste ou magistrat, quelle que soit la coupole sous laquelle il se réfugie. La loi et toute la loi pour apologie de la pédophilie et d'un crime contre l'humanité ! |
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Plus important encore, des enfants et des jeunes sont trop tôt abandonnés à eux-mêmes. Ce n'est pas pour rien qu'ils se mettent sous une coupe mafieuse. Avant de les punir, il faut les protéger. C'est le rôle des parents, du réseau associatif de proximité et des services sociaux. Il faut encore répondre à deux problèmes majeurs, ce sur quoi on attend les pouvoirs publics, d'Etat ou locaux mais plus largement la société. : leur offrir l'espoir qu'un jour les choses changeront et plus encore - atttitude fondamentale vis-à-vis de jeunes à vif - ne pas accentuer leur sentiment d'injustice. C'est veiller à la justice dans l'application de la loi : dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit, peut être; avoir la même rigueur à l'égard des uns et des autres, enfants et adultes qui violent eux-mêmes la loi. C'est aussi plus de justice sociale. On attend beaucoup de la loi sur la cohésion sociale; on souhaite au quotidien mons de frilosité d'une bourgeoisie aujourd'hui en panne de solidarité ou d'humanité pour rejoindre le constat du sociologue Christian Bachman, qui vient de nous quitter. Si rien ne se passe on risque de passer de la délinquance des enfants et des jeunes à une révolte en bonne et due forme. On n'est pas dupe. L'année 1998 sera rude, mais on peut être optimiste. |
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| Jean Pierre Rosenczveig Président du tribunal pour enfants de Bobigny Président de l'Association nationale des Communautés Educatives Membre du Haut Conseil de l'Intégration |
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