Témoignage
Août 1999 

Ils arrivent d’Afrique en  train …. d’atterrissage

  

L’histoire de ce jeune Bertrand retrouvé en piètre état dans le train d’atterrissage du Dakar-Lyon a beaucoup ému notamment les autorités administratives inquiètes de cette nouvelle forme de voyage clandestin. Durant 8 jours l’administration a tenu ce jeune pour majeur pour finalement admettre qu’il était mineur et donc inexcusable dès lors qu’il était entré sur le territoire national pour y être soigné. Le juge des enfants se déclarant compétent le confia à la Cité de l’enfance de Lyon.

 

S’il est vrai que une situation est exceptionnelles - la précédente connue de la presse avait mal tournée puisque le jeune était mort de froid - elle n’est pas isolée. A preuve ce que nous avons vécu à Bobigny voici quelques mois. Un jeune africain d’une quinzaine d’années avait été interpellé dans la rue par la police et confié en urgence à  l’Aide sociale à l'enfance. Parlant français il prétendait être venu de Dakar dans un train d’atterrissage d’un Airbus. Il était vécu très légèrement et personne ne voulu croire son histoire. Il affabulait! . Et il justifiant d’une prise en charge par l’ASE car son cas n’était pas net. Pourtant l’adolescent insistait. Finalement pour en avoir le coeur net l’éducateur de l ’ASE décida de prendre attache avec les techniciens au sol d’Air France à Roissy. Ils l’interrogèrent sur les détails de son vol. ils durent se rendre à l’évidence, il donnait des détails dont il ne pouvait avoir connaissance qu’en ayant séjourné  dans ce train d’atterrissage. On le cru donc.

 

Comme il était venu en France en étant orphelin pour gagner sa vie on décida de prendre le temps de lui donner cette chance. Mais deux mois plus tard il se languissait  tellement qu’il parti du foyer de l’enfance. On le retrouva sur les pistes de Roissy. Il avait décidé de repartir chez lui par le même chemin, toujours en chemisette. On eu beaucoup de mal à le convaincre d’attendre un billet d’avion normal. Il voyagea en cabine

 

Reste posée une question juridique très claire : la législation sur la protection de l’enfance s’applique-t-elle en zone de transit ou d’attente. Je le crois volontiers car elle d’ordre public. Si un crime se commettait dans une telle zone la police et la justice refuseraient-elles d’intervenir ? Cette opinion n’est pas partagée par tous et cette question mériterait d’être tirée au clair.

 

 

Jean Pierre Rosenczveig


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