LA TERRE D'ACCUEIL
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De la bonne justice Scène étonnante et au combien singulière : dans l’antichambre du bureau du substitut du procureur de la République chargé des mineurs, un enfant attend, menottes aux mains ( et dans le dos comme il se doit ) accompagné par un policier, qu’on lui signifie tel que la Loi le prévoit, la prolongation pour 72 heures de sa garde à vue. Tout n’étant que paradoxe, mais aussi engagement, la convention internationale des droits de l’enfant est affichée dans le petit couloir qui conduit au bureau du substitut. Pour passer le temps, le tuer peut-être, à minima pour s’informer, ledit mineur regarde l’affiche qui est devant lui et la lit consciencieusement. Si ce n’est pas de la bonne justice cela ?
Chronique d’une histoire vraie Imaginez une jeune fille, tout juste majeure, menottes aux poignets, comme il sied, conduite au tribunal pour enfants… les pieds nus. On ne rêve pas. Du temps de sa proche minorité, elle avait eu, il est vrai, l’indélicatesse d’acheter avec un chéquier volé, une paire de chaussures, laquelle, durant l’enquête préliminaire, avait été rendue à son légitime propriétaire commerçant. J’ai souvenir d’un autre mineur déféré au tribunal sans chaussures. Il les avait promptement ôtées à l’arrivée de la police, pour courir plus vite. C’était quand même plus rigolo. Bernard Bobillot in JDJ n°153 mars 1996 |