LA TERRE D'ACCUEIL
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La délinquance des filles : entre mirage et réalité. 2000 Cette délinquance reste marginale et sans ignorer les phénomènes ( que sont parfois ces filles ), il faut relativiser le phénomène social. L'impact excessif d'une information spectacle ( le poids des mots... ) produit de l’imaginaire et de fausses représentations. Il est donc souhaitable de remettre à sa juste place, hors de toute stigmatisation et massification, une délinquance modeste et isolée. En effet dans un groupe de garçons, les filles jouent un rôle secondaire de complice ou de cheval de Troie. A l'inverse de "la bande" de garçons, qui reste sur le modèle "guerre des boutons" et perdure, un groupe de jeunes filles a une constitution éphémère et n'est pas une horde: ni anges, ni démons. Il s'agit de regroupement d’enfants en difficulté dans leur environnement familial ou social sans que cela ne transparaisse ou n'ait donné
lieu à signalement. Ce sont le plus souvent des enfants primaires sur le plan pénal, comme si la concentration, contenue jusque là, explosait d’un seul coup dans des conduites marginales inattendues, irrationnelles, violentes : Violences reçues, violences données. Des enfants d'apparence sans foi, ni loi, mal construits, manquant de repères ( nouveaux pères…) pas à leur place d’enfants, plus objets de toutes les convoitises commerciales, que sujets de droit. Leurs parents n’ont pas nécessairement démissionnés. Ils ont été licenciés par une insidieuse déstabilisation de longue date de leur autorité réduite à son aspect autoritaire, occultant ainsi sa vertu protectrice. De plus une certaine idée du travail social, éducatif ou judiciaire conduit à les discréditer en proposant de faire à leur place et en même temps
dénonce leur irresponsabilité: être responsable de, c'est protéger. La perte d'autorité crée l'inquiétude : Les grandes personnes ont peur des enfants et nous de nos enfants.( alors que la grande majorité des personnes agressées sont des enfants ). Logique redoutable : Enfants victimes de leurs parents, eux mêmes victimes de leurs enfants., ce qui n'a guère de sens : comment protéger ceux d'on a peur. Mais si l'on peut considérer que ces enfants ne sont pas toujours responsables, ils n'en sont pas moins coupables ( donc capables ). Les causes de cette délinquance sont variables : argent facile, méconnaissance de la valeur des choses ( Pour avoir honte, il faut avoir connu la dignité ), raisonnement concret et non symbolique ( je veux donc je prends ), besoin de prestance, de s’assurer ( ou se rassurer à plusieurs ), parfois simplement de jeu (comme à la télé
ou la violence est banalisée, sauf quand il s’agit d’en parler ), et manque patent de rituel social canalisant. Cette délinquance est déstabilisante. L’adolescence des filles est d'habitude plus calme. Elles sont mobilisées par leur scolarité et travaillent mieux que les garçons. Elle est déroutante. Le groupe de filles apparaît comme plus déterminé, plus violent. Enfin et surtout, la résonance médiatique de son caractère inattendu et spectaculaire, entraîne des craintes qui court-circuitent son approche objective. Plus l'on focalise sur les conséquences, plus les causes sont reléguées, que dire du traitement et de ses effets ( on ne parle que des trains qui arrivent en retard et de la première nuit passée en prison, jamais des autres. ). Or si dans la délinquance nous ne percevons que le délit nous ne voyons pas l’enfant. On amplifie
la peur. Mais à l’inverse si nous ne nous préoccupons que de l’enfant, nous oublions sa victime. On banalise les conséquences. Il s'agit donc de prendre en compte enfant et infraction. L'action judiciaire, s’articule à partir de ces deux axes. Bernard Bobillot bobillot@ifrance.com
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