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La prison, de quel droit?
Propos d’un de ses clients mineurs, rapportés par un avocat sur la prison : ”J’ai réappris à vivre, à respecter des horaires, maintenant que je suis libre je suis de nouveau perdu ” . Et commentaire de l’avocat « et vous travailleurs sociaux qu’est ce que vous faites après ? ».
Bonne question qui nous renvoie de fait à une difficulté majeure celle de n’envisager à tous niveaux, délinquants comme professionnels la prison qu’en termes d’insertion et non de droits. La complexité de cette réponse tient dans le fait qu'on ne peut s’empêcher pour la justifier ou éviter de culpabiliser, de lui donner des vertus éducatives ( si cela ne lui fait pas de bien , cela ne lui fera pas de mal ), psychologiques ( le choc salutaire ) et répressives ( la rédemption par la souffrance, faire pénitence ), au lieu et place d'une privation d'un droit pour mauvais exercice. La reconnaissance implicite de ce droit rendrait d'ailleurs possible l'ébauche d’une action en vue de sa restauration et ouvrirait une voie nouvelle, non seulement de recherche de sens, mais d'éducation citoyenne, dans laquelle chaque professionnel pourrait trouver une nouvelle légitimité. La prison
c’est d’abord la privation de liberté et non un moyen, par défaut, de rééducation spécifique. La vie sociale ne peut s’apprendre hors de la vie sociale. S’il faut exclure provisoirement et parfois à juste titre, un enfant de la vie sociale, la surenchère d’humiliation ou de fausses espérances est superflue. La réponse se suffit à elle même et devrait permettre, par une autre approche, une reconstruction de la dignité d’un sujet de droit autrement que par la commisération qui n’est pas nécessairement gage de respect, ou la souffrance qui elle, est plutôt de l’ordre vengeur. La force de la loi contre la loi de la force, de l’émotion, du sentiment, donc obligatoirement de l’inhumanitaire. Il pourrait s’agir là, enfin d’une fonction réellement éducatrice et non d’apparence éducative. La prison restaurant
du droit : Un véritable défi de justice !
Bernard Bobillot
APCEJ
in Mouv’Ance n°100 Déc.2001
bobillot@ifrance.com
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