LA TERRE D'ACCUEIL

Un paradox frances ( French paradoxe )


« La citoyenneté, au Brésil, parce qu’elle n’existe que par le travail, semble devoir fixer la filiation sociale, sa contrepartie de désaffiliation ou de dé-filiation et renvoie à l’idée d’une nation qui choisit ses fils ». Dont acte. Mais en France la possession de papiers pour certains nationaux ne vaut elle pas reconnaissance et valorisation de leur identité citoyenne ? Nos administrations ayant une tendance naturelle à suspecter notre bonne foi, ne nous réclament elles pas papier sur papier ? Au point que les usagers qui ont quelques difficultés à comprendre cette logique paperassière, espérant ainsi qu’il leur sera pardonné, en ont constamment sur eux, de toutes les sortes et de toutes les couleurs. Ils les montrent, les offrent avant même qu’on leur demande, dès qu’ils atteignent le seuil fatidique de ces sésames que sont la préfecture, la mairie, le centre d’action sociale, la sécurité sociale, la CAF, les ASSEDIC, le tribunal. ( j’en passe et des meilleurs ). « Vos papiers... » de toutes manières il en manque toujours un.
Que penser du fait que l’on demande aux enfants mineurs l’autorisation de leurs parents pour obtenir l’établissement d’une carte d’identité nationale (1)( Un papier de plus et ce qui sous entend qu’ils pourraient s’y opposer). Il est vrai que ces derniers doivent protéger l’enfant dans sa santé, sa sécurité, sa moralité et disposent de ce fait des droits et devoirs de garde et d’éducation ( Article 371 du code civil ). A ce titre leur avis s’impose dans bien des cas et leur autorisation doit être recueillie, comme par exemple pour la sortie de territoire de leur enfant mineur. Mais en quoi la demande de reproduction de son état civil par l’enfant lui même, risque-t-elle de porter atteinte à leur autorité parentale, au point d’exiger leur consentement, alors que ce document a pour but, en partie de le protéger dans sa vie quotidienne ( Lors des contrôles d’identité, etc... ) ? C’est oublier un peu trop rapidement que c’est justement la reconnaissance de l’enfant qui fonde cette autorité protectrice à son égard et crée le lien juridique avec ses parents. Pourtant on continue de lui réclamer la permission de ceux dont il légitime le droit ! Absurde. Mais le règlement, c’est le règlement... Propriété du dit règlement vaut droit, non droit, abus de droit, passe droit... Enfin, on ne sait plus. Cela ne fera jamais qu’une illégalité supplémentaire, qui dans le fond, comme pour les favelas, ne préoccupe que ceux qui sont concernés et dont le sort n’intéresse qu’eux mêmes.

En bref

La réflexion à partir d’un très proche passé durant lequel, avoir des papiers valait à certains la Liberté, souvenez vous : Halt Papier ( présentez vos papiers ! )... a amené nos voisins et aujourd’hui amis, perclus de honte et de culpabilité, mais innovateurs en recyclage de souvenirs douloureux, à tout jeter à la poubelle et à y inscrire : Altpapier ( vieux papiers ). Histoire de ne jamais oublier et pour qu’il n’y ait plus de confusions entre humeur et humour...

(1) Repères : La carte d’identité nationale

« La Loi de 1955 ne prévoyait pas une telle disposition rajoutée par un arrêté d’application. Aujourd’hui plus que jamais on doit être surpris qu’il faille l’accord d’un parent pour prouver qu’un enfant existe. Son identité, sa filiation, son domicile et sa nationalité sont des faits qui n’appartiennent à personne et qui s’ils doivent être appropriés par quelqu’un c’est bien par l’enfant lui même ». ( in le jeu de lois de l’A.P.C.E.J )


Bernard Bobillot in Mouv’Ance n°72/73, février, mars 1999

APCEJ 06.14.28.27.39

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