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Entre fusion et confusion
Affirmer que les enfants ont des droits serait-ce sous-entendre que leurs parents en seraient interdits. Nous n’en sommes guère loin. Pour exemple ( cf Mouv’ance n°72/73 Fev.Mars 1999 .): Cette banale interrogation sur la légitimité d’une demande d’autorisation faite aux parents par les autorités pour l’établissement de la carte d’identité de leurs enfants mineurs, document bien utile mais non obligatoire. La réponse devrait être à l’évidence que ladite autorité contraint l’autorité parentale, déjà bien malmenée, à passer sous les fourches caudines de son arbitraire administratif et entraîner une saine réaction : parents/enfants même combat : Pourquoi demander leur accord à des personnes qui la plupart du temps, font eux-mêmes les démarches? Tout au plus pourrions-nous leur demander leur avis. Mais
cela impliquerait de les faire participer à la vie qui les concerne, au lieu de leur imposer un dictat sans fondement, qui paradoxalement laisse croire au renforcement et à la garantie de leurs droits. A moins de présumer, selon un vieux principe de défiance, qui face au citoyen, confond droit et exigence, que les parents seraient là, contraints, forcés par leurs enfants : « moi, je ne voulais pas, mais les enfants ont tous les droits. Grâce à vous je vais enfin pouvoir dire non ! » Curieux retournement de situation. L’institution habituellement perçue comme réductrice des droits des parents, en devient défenseure. La convention internationale des droits de l’enfant( CIDE ) sur laquelle cette dernière semble s’arque bouter, a trop souvent été présentée et vécue comme l’érection de droits auxquels les parents devraient se soumettre et être
tenus au respect du pouvoir de leurs enfants ( Nous nous soumettons à un pouvoir, non à un droit et il n’est point besoin d’avoir des droits pour avoir du pouvoir et être tyrannique ). Il est urgent de rappeler que la CIDE ne met pas en péril le droit des parents. Bien au contraire. Elle ne fait que poser le principe d’évidence ( Comme s’il fallait ), de leur légitimité à protéger, assister, surveiller et éduquer les droits dont leurs enfants, comme toute personne, bénéficient. Un droit à l’enfance en quelque sorte.
Bernard Bobillot
APCEJ
bobillot@ifrance.com In Mouv’Ance N°114 Mai 2003
REFLEXIONS SUR UNE PREVENTION DE LA DELINQUANCE
Après la lecture des rapports :
-Avis du conseil économique et social régional : ‘PREVENTION DES COMPORTEMENTS A RISQUES CHEZ LES JEUNES’.
-Rapport présenté au Ministère de l’Emploi et de la Solidarité au nom du groupe de travail ‘PATERNITE’.
-Rapport final de l’ENQUETE SUR LA DELINQUANCE AUTO DECLAREE DES JEUNES
et de l’expérience professionnelle de 20 ans de Psychologie de l’Éducation,‘
il ressort que :
-Un travail de PREVENTIONet de SANCTION auprès des auteurs d’actes délictueux simples, en général non punis, serait sans doute très profitable, l’ensemble de leurs auteurs pensant que si la société ne punit pas c’est que ça n’est pas grave.
Ces actes : dégradation d’immeubles, d’arbres, de plantes, commis par les plus jeunes, ne sont pas repérés et ne font pas l’objet d’une confrontation à la police.
Or il ressort de l’analyse que la tendance au comportement délinquant s’accroît avec la propension à penser les actes délictueux comme peu graves et que si la société ne punit pas c’est que l’acte n’est pas grave.
Intervenir sur ces petites dégradations assez fréquentes c’est aussi s’adresser à des auteurs d’autres actes, notamment de vol et d’agression.
Or les services de police et de justice débordés, n’attachent aucune importance et dissuadent de porter plainte pour des actes qualifiés de bénins.
-la prévention est INDISSOCIABLE de la sanction. Tout le problème étant de trouver la sanction efficace tout en sauvegardant la Dignité du jeune. Il s’agit d’utiliser le pouvoir des adultes non pour contraindre mais pour laisser faire. L’autorité laisse place à l’autorisation qui a à voir avec l’idée d’expérimentation, et est un pas vers l’autonomie. (PAIN et VULBEAU sociologues).
-La volonté de ne pas dissocier le problème des risques encourus par l’individu exerçant sa violence contre lui-même (suicide, toxicomanie, tabagisme, alcoolisme, …) de celui dont peut être victime la société tout entière (racket ; violence urbaine, etc.…), implique ipso facto une COOPERATION ABSOLUE DE TOUS LES ACTEURS CONCERNES : . Police, justice, Education Nationale, Services sociaux, parfois consultations médicales.
Cette coopération doit être présentée comme obligatoire à tous les partenaires.
-Nécessité de réfléchir sur le sujet tabou de la CONTRAINTE. Cette dernière doit se soumettre à des précautions élémentaires. Il faut situer la contrainte entre la logique courte de la réaction spontanée et la logique longue de la préoccupation pédagogique ; cantonner au maximum la force sur le registre symbolique de la démonstration pour éviter sa mise en œuvre ; rester systématiquement en dessous des provocations ; cultiver une éthique de la patience ; ne décider que ce que l’on sera capable de tenir et pratiquer une logique d’apaisement progressif en « usant » la colère du jeune non par crainte de l’affrontement mais pour éviter l’escalade. (Antoine GARAPON dans un article sur le maintien de l’ordre).
-Développer toutes les actions permettant aux jeunes et à leurs familles de ne pas se replier sur eux-mêmes, s’attachant par-là à un territoire clos, qu’ils considèrent comme étant leur propriété. Ce rétrécissement de la socialité prenant alors l’unique forme du CAIDAT, (Irène THERY sociologue). Ce dernier génère un phénomène d’autorité du grand sur le petit parce qu’il repose sur le respect du plus fort, et s’oppose aux valeurs véhiculées par la déclaration des droits de l’Homme et à l’apprentissage de la citoyenneté. Le caïdat implique souvent l’instrumentalisation des plus jeunes par les plus âgés.
ROLE IMPORTANT des associations dans le domaine du décloisonnement social grâce aux liens de proximité avec les populations d’une part, et d’autre part rôle essentiel des collectivités locales dans la mise à disposition d’activités encadrées limitant ainsi les actes délictueux liés à l’abandon à eux-mêmes de certains jeunes ;
-L’adulte doit cultiver la RESPONSABILITE de l’enfant dès le plus jeune âge dans la famille comme à l’école, et pour cela l’accompagner de son attention et de sa propre expérience. L’accès à l’AUTONOMIE ne se fait pas dans la tutelle et l’assistance perpétuelles ; pour cela le milieu doit permettre à la personnalité d’émerger en toute SECURITE , permettant l’erreur et construisant à partir d’elle.
-Réintroduire LES RITES D INTEGRATION dans la société, car la disparition des actes à haute valeur symbolique entraîne l’invention de rites locaux sans contrôle, parfois inhumains et dégradants,ou tout simplement par la mise en place de codes qui ne sont pas ceux de la vie en société. La remise de décoration en tant que rituel de reconnaissance de comportements sociaux ou exemplaires est une pratique qui ne bénéficie qu’aux adultes. Il s’agit, tout en prenant garde de ne pas recréer des phénomènes d’élitisme, de récompenser des expériences qualifiantes sur le plan de la citoyenneté, un engagement dans une activité socialement utile ou à forte connotation altruiste. Cela pourrait se traduire par une remise publique au cours d’une cérémonie conviviale d’une attestation susceptible de figurer dans le C.V. de l’intéressé.
-En ce qui concerne l’Education Nationale en tout premier lieu Lutter Contre L’échec Scolaire, une des principales causes du désintérêt et de la déscolarisation ultérieure.
Partie prenante d’une République laïque elle se doit de donner à l’ensemble des Enfants qui la fréquentent, les notions, le vocabulaire et le matériel moral leur permettant d’exercer des jugements qui caractérisent la MORALE LAIQUE, nécessaire à la bonne santé d’un pays.
Elle doit intégrer que LE TEMPS est une notion ANTHROPOLOGIQUEet non une notion uniquement sociologique, et réaliser de ce fait l’importance des décisions prises concernant tant la forme que le fond de ses enseignements, dans les changements que cela amène à long terme sur des générations d’élèves. D’autant que L ENJEU DE LA TRANSMISSION des messages qu’elle veut faire passer, c’est L HOMME COMME ETRE PRODUISANT SA PROPPRE HUMANITE
-La TRANSMISSION qui suppose de la part des éducateurs, parents, enseignants, ou d’autres personnes encore, un projet volontaire, organisé pour faire date, est actuellement en crise.. Cette décridibilisation vient du fait que la parole est souvent manipulée. Peut-être que la rhétorique devrait être remise à l’honneur. En tant que science de l’argumentation loyale elle permettrait à chacun de décoder les messages qui lui sont adressés de façon à développer tout à la fois leur esprit critique et leur aptitude citoyenne à se déterminer librement. De même que l’enseignement de la philosophie ne devrait non seulement pas être réservé à une catégorie d’élèves l’ayant choisie en terminale mais abordée de manière plus simple aux élèves avant qu’ils ne quittent l’enseignement
obligatoire.
-La COMMUNICATION comme faisant partie intégrante de la vie moderne soumet adultes et jeunes à l’invasion du langage publicitaire, aux techniques de ventes agressives, par le biais d’images trompeuses. Il est aussi indispensable d’éduquer un jeune public à la lecture du langage des images, lui apprendre à décoder les séductions démagogiques, l’esthétisation des messages, les cadrages abusifs et menteurs, les techniques d’amalgame. La vulgarisation nécessaire d’internet, gage d’égalité devant l’information rend indispensable cet apprentissage du décodage des messages et des images. Si l’on veut des jeunes sains, hors de l’emprise des médias, cet enseignement est aussi indispensable que celui de la lecture.
-Le CONTROLE de L ABSENTEISME : la déscolarisation est un excellent prédicteur des comportements délinquants,il faut pouvoir en faire part aux services qui s’occupent de la lutte contre les « comportements à risques ».
-Informer les jeunes sur le FONCTIONNEMENT de la JUSTICE, les peines encourues et la signification de la sanction réparation, par des missions d’information systématiques dans les écoles.
-Concernant les FAMILLES, il est absolument nécessaire de développer les Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents dans chaque département.
-Concernant les COLLECTIVITES LOCALES, la Politique de la ville devrait rendre incontournable la mise en place des structures para scolaires ;
La mise en place de l’ensemble de ces préconisations pourrait peut-être sinon avoir un retour bénéfique immédiat, du moins aider à ce que le futur soit moins sombre, en étayant la construction de bonnes capacités de jugement et l’élaboration de personnalités dynamiques (au sens psychologique du terme),nécessaires aux jeunes de notre pays.
Michelle Granier
17-10-2001
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